Petits colis importés : ce que vous payez depuis le 1er juillet 2026
En huit mois, le régime des colis de moins de 150 euros venant hors de l'Union a changé trois fois : une taxe française le 1er mars, un droit de douane européen le 1er juillet, une redevance annoncée pour le 1er novembre. Si vous importez pour revendre, cela vous concerne à chaque colis. Voici l'état exact du droit, daté, et ce qui reste indéterminé.
1. La chronologie, telle qu'elle s'est écrite
| À partir du | Ce qui s'applique | Montant | Fondement |
|---|---|---|---|
| Avant le 1er mars 2026 | aucun droit de douane sous 150 €. La TVA à l'importation est due, elle, depuis le 1er juillet 2021, quelle que soit la valeur | 0 € de droits | franchise douanière de 150 € |
| 1er mars 2026 | taxe française sur les colis de moins de 150 € venant hors de l'Union | 2 € par article — trois pantalons et deux chemises font deux articles, donc 4 € | article 82 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 |
| 1er juillet 2026 | droit de douane européen forfaitaire, sur les mêmes colis ; la taxe française est suspendue le même jour | 3 € par catégorie d'article | décision européenne — communiqué du ministère de l'Économie du 30 juin 2026 |
| 1er novembre 2026 | redevance européenne pour frais de gestion, annoncée en complément | non publié à ce jour | annoncé par le même communiqué |
Ce que nous ne savons pas, et que personne ne sait à la date de cette page. Le montant de la redevance du 1er novembre n'est pas publié. Les pages qui l'annoncent chiffrée avancent une hypothèse, pas un texte. Nous mettrons cette page à jour quand le texte paraîtra ; d'ici là, ne budgétez pas un chiffre que personne n'a écrit.
2. Qui paie, en droit et en fait
En droit, le redevable est l'importateur au sens de la TVA : le vendeur hors Union s'il importe lui-même, ou la plateforme de commerce en ligne lorsqu'elle est réputée intervenir dans la vente. Le destinataire du colis n'est pas le redevable légal.
En fait, le coût descend jusqu'à l'acheteur, sous une forme ou une autre : prix affiché plus élevé, frais de traitement ajoutés au moment de la livraison, ou seuil de livraison gratuite relevé. Pour vous qui importez pour revendre, c'est une ligne de coût de plus, par colis, indépendante de la valeur du colis. Elle frappe donc proportionnellement beaucoup plus fort les petits envois : 3 euros sur un article à 8 euros font 37,5 % ; sur un article à 120 euros, 2,5 %.
3. Ce que ça change si vous importez pour revendre
Le modèle « un colis par commande » devient cher
Faire expédier chaque commande directement depuis le fournisseur hors Union fait supporter le forfait à chaque vente. Regrouper en un envoi unique, dédouané une fois, puis expédier depuis la France, change complètement le calcul — et c'est ce que la mesure cherche précisément à provoquer.
Le calcul à refaire
Reprenez votre coût de revient unitaire et ajoutez-y le forfait par article, ou par catégorie d'article selon le régime applicable, puis la TVA à l'import calculée sur la valeur en douane, frais de transport compris. Sur les paniers inférieurs à 20 euros, beaucoup de marges ne passent plus.
Le guichet unique à l'import
Pour les envois de 150 euros ou moins, le guichet unique dit IOSS permet de collecter la TVA à la vente plutôt qu'à l'arrivée, et d'éviter les frais de présentation en douane facturés par le transporteur. Il ne dispense d'aucun droit de douane : il ne concerne que la TVA.
La franchise en base ne protège pas
Un micro-entrepreneur en franchise de TVA ne facture pas la TVA à ses clients, mais il acquitte la TVA à l'importation et ne la récupère pas. Elle devient un coût sec, à ajouter au prix de revient — au même titre que le nouveau forfait.
4. Ce que cette réforme dit, au-delà du montant
Trois euros ne changent pas une stratégie. Le signal, lui, en change une : l'Union a décidé que l'écart de traitement entre un vendeur établi en Europe et un expéditeur direct depuis un pays tiers devait se réduire. La franchise de 150 euros était, de fait, une exonération pour un modèle précis — l'envoi unitaire à bas prix depuis l'étranger — et une pénalité pour celui qui stockait en Europe et payait ses droits d'entrée.
Pour un commerçant ou un artisan français, c'est une des rares évolutions réglementaires récentes qui joue dans le sens de la production et du stock locaux. Elle ne compense pas un écart de coût de fabrication ; elle en réduit une partie, à la marge, sur les petits paniers.
5. Sources
- Tout savoir sur la taxe sur les petits colis, economie.gouv.fr, page mise à jour le 1er juillet 2026 — montant, champ d'application, redevable, et texte instituant la taxe.
- Communiqué de presse du ministère de l'Économie du 30 juin 2026 — entrée en vigueur du droit de douane européen au 1er juillet, suspension de la taxe française, annonce de la redevance du 1er novembre.
- Article 82 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026.
Page mise à jour le 11 septembre 2026. Le montant de la redevance annoncée pour le 1er novembre 2026 n'était pas publié à cette date.